La pudeur

Le prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Allah, à Lui la Puissance et la Grandeur, est pudique et celui qui couvre, Il aime la pudeur et Il aime l’action de couvrir. »

[Authentifié par An Nassa’i et Abu Dawud]

La pudeur est un des noms d’Allah et on a besoin de méditer sur ce nom-là afin de régler pleins de problèmes, car dans les attributs divins, il y a une guérison.

La notion de pudeur

La pudeur, dans sa définition, consiste à mettre une barrière entre l’intime et l’étrangeté, elle se traduit par un sentiment de honte quand cette barrière est franchie.

La honte découle d’un regard de déconsidération, d’un regard de désestime, le regard influe énormément sur le comportement.

Certaines personnes peuvent s’écrouler lorsqu’elles sont mal vues, elles peuvent être tétanisées quand elles sont mal vues, car le regard déteint grandement sur le comportement, sur l’être et la pudeur, en réalité, c’est une notion qui est liée au regard.

Les degrés de la pudeur

Il existe 3 degrés dans la pudeur :

  • Une pudeur vis à vis de soi-même
  • Une pudeur entre nous et l’autre
  • Une pudeur par rapport à l’autre

La pudeur vis à vis de soi, à savoir se mettre des limites.


Le prophète (sur lui la paix et le salut) a rapporté que son Seigneur le Très Haut a dit : « Ô Mes Serviteurs ! Je me suis, certes, interdit l’injustice. »

[Authentifié par Muslim]

Allah est pudique, Il s’est mis des limites. Une personne qui n’a pas de pudeur, n’a pas de limites.

Le prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Parmi ce que les gens ont retenus des paroles prophétiques anciennes celle-ci : si tu n’as pas de pudeur, fais ce qu’il te plaît ! »

[Authentifié par Al Boukhari]

Être pudique à l’endroit de soi-même, c’est se fixer des limites, avoir des principes.

Il y a des gens qui manquent de pudeur, qui n’ont pas de limites et qui sont imprévisibles, et la pudeur est importante car, c’est grâce à celle-ci que l’on peut donner une forme à son comportement, une limite, afin que nous ne soyons pas imprévisibles, changeants, passant d’un état à un autre.

C’est pourquoi, la pudeur entre nous et les autres consistent à mettre une barrière, et cette barrière c’est le comportement, à savoir mettre des barrières entre nous et les gens étrangers.

Le prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Certes chaque religion a son comportement et le comportement de l’Islam est la pudeur ».

[Authentifié par Albani]

Il faut protéger la sacralité de notre intimité.

Notre intimité est sacrée, et c’est par manque de pudeur qu’on ouvre notre cœur à d’éventuels intrus qui veulent s’infiltrer pour nous déstabiliser, nous déséquilibrer, nous pousser à transgresser des limites.

La pudeur implique d’agir par rapport à la conscience d’un regard car, le regard influe sur les gens, autant le regard des gens dans une société que le regard divin ou que votre regard.

Être pudique, c’est prendre en considération les regards, la société, les gens ont des droits sur nous, on doit respecter la rue, comme notre corps a des droits sur nous, comme Allah a des droits sur nous, et manquer de pudeur, c’est enlever les barrières qui nous permettaient justement d’avoir des limites.

Si on manque de pudeur avec les autres, on risque de permettre des échanges, des flux, et très souvent le mélange profite aux ténèbres qui, par le manque de pudeur, peuvent s’infiltrer en nous et nous pousser à transgresser des interdits.

C’est pourquoi, il est possible que nos fragilités, nos faiblesses et la faiblesse de notre foi puissent s’expliquer par un manque de pudeur à l’endroit d’une relation, qui a fait en sortes que les ténèbres nous aient pénétré.

La pudeur implique de réagir en fonction du regard, et le regard le plus important à nos yeux, c’est le regard d’Allah et on peut, lorsque l’on est à l’abris des regards, être tenté par le péché ou à l’abris du regard des gens que l’on connaît, par exemple, être tenté par le péché lorsque l’on est en voyage, loin de notre environnement.

L’éloignement par rapport à notre environnement peut nous faire perdre la pudeur.

Un poète disait : « Lorsque tu t’isoles, dans une incertitude, dans l’obscurité, et ton âme t’incite à désobéir, aies de la pudeur à l’endroit du regard de ton Seigneur et dis lui que Celui qui a créé l’obscurité m’observe aussi. »

Lorsqu’on s’isole, à l’abris du regard des gens, et qu’on est tenté par l’accomplissement d’un péché, on doit prendre conscience que Celui qui a créé l’obscurité nous voit.

Allah est pudique, et si on désire être beau dans notre comportement, parfaire notre comportement, on doit faire preuve de pudeur comme Lui.

La pudeur d’Allah à notre égard, bien qu’elle soit incompréhensible, implique qu’Il nous couvre quand on Lui désobéit et c’est pourquoi, l’action de couvrir est associée à la pudeur, c’est de cette façon que l’action de couvrir prend tout son sens, c’est quand Allah sait que l’on a péché mais qu’Il nous couvre, c’est quand le regard divin à notre égard ne baisse pas dans l’estime malgré ce que l’on a accompli, et c’est cela, faire preuve de pudeur.

Appliquons cela entre nous, être pudique les uns vis à vis des autres, c’est couvrir le défaut de son prochain et ne pas baisser l’image de ce dernier en notre poitrine par l’action de couvrir sa faille.

D’après Ibn Mass’oud, le prophète (sur lui la paix et le salut) a dit : « Vous devez éprouver la vrai pudeur envers Allah. Nous avons dit: Ô Messager d’Allah nous éprouvons de la pudeur et la louange est à Allah. Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Ce n’est pas cela, éprouver la vrai pudeur vis-à-vis d’Allah est de préserver la tête et ce qui se trouve dessus, le ventre et ce qui se trouve autour, de se rappeler la mort et la décomposition et celui qui veut l’au-delà délaisse la beauté de la vie d’ici-bas. Celui qui fait cela aura éprouvé la vrai pudeur vis-à-vis d’Allah ».

[Rapporté par At Tirmidhi]

L’imam Moubarakafouri a dit dans son explication de ce hadith dans son ouvrage Touhafatoul Ahwadhi que :

Le sens de « préserver la tête » est que tu ne l’utilise pas dans autre chose que l’obéissance à Allah, en ne te prosternant pas pour un autre que lui, que tu ne prie pas par ostentation, que tu n’humilie pas ton visage pour un autre qu’Allah et que tu ne le lève pas par orgueil.

– Le sens de « et ce qui se trouve dessus » est l’ensemble du visage, les yeux, la langue, les oreilles.

– Le sens de « le ventre » est de le préserver de manger des choses illicites.

– Le sens de « et ce qui se trouve autour » c’est à dire le sexe, les pieds, les mains et le cœur.

Le messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) a dit : « Certes, Allah a partagé vos comportements entre vous, tout comme Il le fit pour vos subsistances. »

[Authentifié par Ahmed]

Ce qui signifie que notre comportement est destiné, et qu’on ne doit pas s’arrêter à la forme pour juger, ce qui compte c’est le ressenti qui l’accompagne.

Il y a des gens qui peuvent faire du mal d’apparence mais, qui sont bons dans le fond, comme il y a des gens qui peuvent faire du bien, un bien d’apparence, mais qui sont mauvais dans le fond.

Être pudique, c’est couvrir son prochain, dans l’acte mauvais qu’il peut faire et conserver un regard de pureté à son égard malgré ce qu’il a fait, et peu en sont à ce degré-là.

Celui qui a réussi à conserver son image de l’autre, malgré ce qu’il a fait, a vérifié l’attribut divin de la pudeur et de l’action de couvrir à l’endroit du dernier degré, la pudeur par rapport à l’autre, c’est ta pudeur qui s’est traduite en l’autre, lorsque par ton regard, tu ne déconsidères pas ton prochain par l’action de couvrir sa mauvaise action.

Le regard que l’on porte sur l’autre déteint énormément sur lui, il y a des personnes qui peuvent s’écrouler lorsque des regards négatifs s’orientent vers eux, par le scandale, la médisance ou la calomnie, et les meilleurs de la Création sont ceux qui, malgré les regards négatifs, parviennent à rester stables, qui parviennent à rester conformes à leurs valeurs et leurs principes, à respecter leurs limites et à ne pas être déséquilibrés par ces regards.

C’est pourquoi, parfois, Allah éprouve Ses meilleurs serviteurs, parmi les prophètes ou les compagnons, par la médisance, la calomnie, le scandale, et c’est une épreuve pour eux, autant que pour les autres, pour tester leur pudeur.

Si on travaille cet attribut divin, à être pudique vis à vis de soi, du regard que l’on se porte à soi et des limites que l’on s’impose, sachant que dans ces différents degrés il y a des ponts, des liaisons, alors lorsque l’on manque de pudeur entre nous et l’autre, cela peut nous pousser à manquer de pudeur vis à vis de nous-même, jusqu’à nous pousser à manquer de pudeur vis à vis d’Allah.

C’est pourquoi on traduit la pudeur par de la honte, la honte d’avoir altérer un regard par notre agissement, « J’ai honte de moi-même parce que j’ai dépassé mes limites » ou « J’ai honte de moi même car le regard d’Allah à mon égard a changé » ou encore « J’ai honte si, par mon agissement, mon image dans le regard, dans le cœur de l’autre a été altéré » car, si les gens nous portent un regard de désestime, de mésestime, ça va déteindre sur nous.

Plus les gens vous regardent positivement, et plus vous pouvez devenir quelqu’un de bien, et c’est ainsi qu’en Islam, l’honneur est sacrée.

Quelle considération accordons-nous au regard divin lorsque l’on commet un péché en ayant peur du regard des créatures et non pas de celui du Créateur ?


« Ô mon Seigneur ! En qui puis-je espérer ?
Ce n’est pas autre chose que Ta mansuétude que je convoite,
Tes serviteurs m’ont fermé leur porte,
Je n’ai que Toi, Seigneur des serviteurs,
Ô mon Seigneur, je me dresse devant Toi, mes larmes coulant,
Mon cœur devant Ta porte, humble et en pleurs,
Mes péchés sont immenses et mes provisions sont minimes,
Gratifie moi d’une belle clémence,
Je suis venu à Toi pour l’expiation de mes erreurs antérieures,
Je suis venu auprès du plus Miséricordieux des Miséricordieux,
Avec la ferme conviction et plus forte certitude,
Que tu possèdes le remède efficace,
Je t’ai demandé le Pardon pour mes péchés,
Et, une couverture pour les défauts qui en ont découlé,
Tu es l’Unique divinité, docteur pour les cœurs,
Tu es Celui qui permet la raréfaction des péchés. »

On a besoin de renouer avec Allah et de vérifier Ses attributs entre nous. Si nous parvenons à valoriser le regard divin, alors, nous parviendrons à mettre des barrières, des limites, en nous donnant des principes en protégeant nos cœurs des relations toxiques et en veillant à conserver constamment un regard positif de notre prochain, ces 3 états sont liés.

Laissons souffrir Satan de nous voir nous rapprocher d’Allah en réfléchissant à travers Ses attributs divins à l’endroit de nos relations. Laissons le souffrir ce diable qui cherche à ce que l’on manque de pudeur, en nous poussant à ne pas avoir de valeurs et de principes, ou à changer au moment de l’épreuve, car l’hypocrite se reconnaît au fait qu’il ne respecte plus les principes de l’éthique et de la morale au moment du conflit, soit on a des valeurs tout le temps, soit on n’en a pas.

Tâchons d’être pudique avec les autres, en mettant des barrières pour éviter que la négativité nous pénètre et qu’elle nous pousse à transgresser nos propres limites mais surtout, si nous voulons savoir si nous sommes réellement des êtres pudiques, tâchons de conserver une bonne opinion de notre prochain malgré ce qu’il peut accomplir et de ne pas juger, si vous tenez à ce qu’Allah vous couvre et mette une barrière entre votre état intérieur et vos actes.

Le rapport entre le destin et la pudeur

Le destin, quand on l’approfondit, peut nous rendre pudique, quand on approfondit le dogme du destin et que l’on constate que même nos comportements sont décrétés par Allah, on peut se demander où est le mérite, ce qui compte c’est le ressenti qui accompagne les actions.

« Est-ce que tu regrettes tes mauvaises actions ? » « Est-ce que ce sont les circonstances qui t’ont poussé à être mauvais mais tu n’es pas mauvais dans le fond ? » « Est-ce que tu es en adéquation avec tes mauvaises actions et tu souffres de faire le bien comme tu peux te réjouir de faire le mal ? »

D’un côté, on a des croyants qui peuvent avoir une apparence mauvaise avec un bon fond et on a le devoir, si on est pudique, de couvrir leurs erreurs afin qu’Allah couvre les nôtres.

La pudeur et la vie

Ce qu’Allah souhaite c’est que notre cœur vibre, que notre cœur soit vivant, et pour que notre cœur soit vivant, il faut qu’il soit éprouvé et le cœur peut être éprouvé par des agissements qui le contraint à ressentir, surtout quand ces agissements sont prédestinés, alors si nous sommes prédestinés à faire des erreurs, et que notre cœur souffre de ces erreurs, Allah aime un cœur vivant même si la vie de ce cœur dépend de l’erreur.

Il aurait pu nous faire devenir des créatures parfaites mais, ce n’était pas le but de la création, et si nous ne faisons pas de péchés, Allah nous aurait tous fait disparaître pour faire venir une autre création qui ferait des péchés et qui demanderait pardon.

L’essentiel c’est quoi ? C’est la honte qui doit nous habiter lorsque l’on transgresse une limite et si nous n’avons pas cette honte, nous ne sommes pas pudiques. Le comportement de l’Islam, c’est la pudeur.

La nourriture du cœur, ce sont les états spirituels, comme la pudeur, et le témoin de la pudeur, c’est la honte qui doit découler de la transgression d’une limite, si on n’a pas cette honte, on n’est pas pudique, et si on n’est pas pudique, on ne connaît Allah à travers Son attribut « Le Pudique ».

Cet attribut se vérifie à travers les limites que l’on s’impose et qu’on travaille à respecter, c’est pas facile et parfois, on peut transgresser certaines limites et être vaincu par un sentiment de honte mais Allah aime ce sentiment de honte qui nous pousse à nous cacher, mais peut-on se cacher d’Allah ?

C’est la pudeur qui nous pousse à nous cacher, elle peut même nous pousser à ne pas nous regarder en face, de sortes que l’on n’arrive même pas à se regarder en face quand on n’est pas fier de soi.

Si on était vraiment pudique vis à vis d’Allah, et la pudeur est un dérivé de la vie, les attributs le Pudique et le Vivant se ressemblent, sans pudeur votre cœur il est mort, car la pudeur implique de considérer le regard qui peut déteindre sur ton agissement et qui met des limites à ton agissement, sans la pudeur ton cœur est mort.

Qui est-ce qui met des limites à ton agissement ? La tradition ? La récurrence ? L’habitude ? ou la crainte du regard divin ? On nourrit son cœur par cet état spirituel, qui est la pudeur, et ne peut l’obtenir qu’une personne qui connaît son Créateur et connaître son Créateur implique de valoriser Son regard.

Quand on est conscient qu’Allah nous observe constamment, on ne fait pas ce que l’on veut, on agit avec pudeur, avec des sens, de la même manière qu’on est différent avec des personnes qu’on ne connaît pas de ceux que l’on connaît et qui appartiennent à notre espace intime.

La pudeur et le groupe

Est-ce que vous voulez être pudique avec vous-même en vous donnant des limites ? Est-ce que vous en avez des limites ? Ou est-ce que vous avez des limites mais vous n’arrivez pas à les respecter ?

Il y a des gens qui se refusent de se mettre des limites, il y a des gens qui ont enlevé les barrières de la pudeur en s’étant refusé de se mettre des limites, c’est la porte ouverte aux ténèbres, ceux qui n’ont plus de pudeur deviennent des personnes contagieuses, car leur profil n’est pas fermé, ce sont des personnes ouvertes et se connecter à eux peut impliquer un gaspillage énergétique.

Voulez-vous être pudique dans votre relation avec les autres ? Ceci implique de mettre des barrières, qui délimitent l’espace de l’intimité et les gens qui peuvent pénétrer l’espace sacré de l’intimité, l’amitié ou autres car, mélanger l’étrangeté et l’intimité permet à des intrus de pénétrer un espace sacré et de vous corrompre.

La meilleure arme de l’hypocrite, de l’ennemi, c’est l’infiltration, c’est d’introduire un espace de lumière, mais pas avec une bonne intention, moyennant un gaspillage énergétique.

On doit déjà travailler entre nous, à veiller à ce que l’on soit tous sur la même longueur d’onde parce que, si parmi nous quelqu’un rentre et qu’il n’a pas la même intention, il fait fuir l’énergie, il crée un pont entre nous et un monde ténébreux donc, c’est une transgression à l’endroit du principe de pudeur qui implique de mettre des barrières, surtout à l’endroit de la lumière et des ténèbres, avant de mettre des barrières entre l’espace intime et l’espace étranger.

Si nous n’arrivons pas à constituer un groupe lumineux, c’est parce qu’il y a un manque de pudeur quelque part et il se traduit par l’action de ne pas mettre de limites dans un groupe, savoir veiller à ce qu’il ne soit pas infiltré et travailler à lui donner un cadre.

Un groupe, n’est véritablement un groupe, que lorsqu’il réalise certains devoirs, protéger les membres qui le composent, de la déviation, de la perdition, si des personnes qui l’intègrent ne sont pas protégées par ce groupe là, on ne peut pas dire que ce soit véritablement un groupe.

On doit donner pour le groupe mais, on doit aussi recevoir, on doit recevoir une protection spirituelle donc, si des membres sont intégrés et qui par la suite, souffrent pour des raisons personnelles et que ce groupe manifestent de l’indifférence vis à vis de la souffrance de ce membre-là alors, le groupe est un groupe hypocrite, on doit évoluer, se regarder en face, être honnête, transparent et aimer pour son frère ce que l’on aime pour soi.

La pudeur en format vidéo

Cet article est une retranscription du contenu de la vidéo ci-dessous.

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